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Le sommeil //

Les personnes anxieuses sont plus sensibles au manque de sommeil

14 octobre 2014

Le manque de sommeil affecte des zones cérébrales impliquées dans la régulation des émotions, augmentant considérablement la tendance à l'anxiété, surtout chez les personnes déjà disposées, selon une étude américaine présentée au congrès annuel de l'Associated Professional Sleep Societies.

 

Andrea Goldstein de l'Université de Californie à Berkeley et ses collègues ont mené cette étude avec 18 personnes qui devaient accomplir, après une nuit normale puis après une nuit de privation de sommeil, une tâche dans laquelle des expériences potentiellement négatives étaient anticipées alors que des images cérébrales par résonance magnétique étaient prises.

 

Une augmentation de l'activité dans des zones cérébrales profondes régissant les émotions, surtout dans la région de l'amygdale, était constatée.

 

Cette région est associée à la réponse aux événements négatifs et déplaisants. L'amplification des réactions d'anticipation pouvait atteindre 60%, surtout chez les personnes qui ont déjà tendance à être plus anxieuses. 

 

"L'anticipation est un processus cérébral fondamental, un mécanisme de survie commun à de nombreuses espèces", explique la chercheuse. Une seule nuit de manque de sommeil altère le fonctionnement optimal de ce processus, surtout chez les personnes anxieuses, souligne-t-elle.

 

Une étude de la même équipe avait déjà montré qu'une sur-réaction aux expériences négatives était aussi liée à une désactivation du lobe préfrontal, une région qui, en interaction notamment avec l'amygdale, intervient dans le contrôle des émotions. "Le sommeil semble restaurer les circuits des émotions et préparer ainsi aux défis du lendemain et aux interactions sociales", soulignaient les chercheurs. "C'est presque comme si, sans sommeil, le cerveau régressait à un niveau plus primitif d'activité, devenant incapable de mettre les expériences émotionnelles dans leur contexte et de produire des réponses appropriées", ajoutaient-ils.

 

Une autre étude présentée à ce congrès montrait que le manque de sommeil est associé à de moins bons choix alimentaires.

Dormir plus le week-end ne suffit pas pour récupérer ses capacités : 5 questions à Arnaud Rabat, chef de projet dans l'unité "fatigue et vigilance", Institut de recherche biomédicale des armées

18 février 2014

Sciences et Avenir a rencontré Arnaud Rabat, chercheur à Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA).

 

Sciences et Avenir : Quelle est la différence entre manquer de sommeil de façon chronique et passer une nuit blanche ?

 

Arnaud Rabat : Aucune! Une réduction chronique, même modérée, du temps de sommeil peut avoir des conséquences comportementales importantes. Nous avons mené une étude sur 12 hommes de 20 à 37 ans qui n'ont dormi que quatre heures par nuit durant sept jours, puis ont été soumis à des tests cognitifs. Au 7e jour, ils avaient le même niveau de défaillance attentionnelle qu'après une nuit sans dormir! Si l'on ne dort que six heures par nuit, cet état est atteint au bout de deux semaines.

 

Sciences et Avenir : Toutes les fonctions cognitives sont-elles altérées ?

 

Arnaud Rabat : Le manque de sommeil ne semble modifier le métabolisme que de certaines zones spécifiques du cerveau (cortex préfrontal notamment), et donc n'altérer que certaines fonctions cognitives. Les fonctions exécutives qui permettent l'adaptation à des situations nouvelles (inhibition motrice, mémoire de travail, flexibilité) semblent très altérées par le manque de sommeil. Les capacités plus automatisées semblent moins affectées.

 

Sciences et Avenir : Est-on plus fatigué le soir ou le matin ?

 

Arnaud Rabat : Les individus en dette chronique de sommeil semblent plus défaillants le matin (vers 9h) que le soir. Vers 19h, une sorte de "second souffle", peut-être dû à l'horloge biologique, favorise la lutte contre le besoin de sommeil.

 

Sciences et Avenir : Certains résistent-ils mieux que d'autres ?

 

Arnaud Rabat : Les individus de plus de 30 ans semblent mieux résister à une dette chronique de sommeil. Les plus jeunes, au cortex préfrontal moins mature, sont plus défaillants. De plus, les individus experts dans leur domaine - les pilotes de chasse par exemple - seraient mieux protégés, car ils pilotent en mode "automatique" en quelque sorte.

 

Sciences et Avenir : Faire une grasse matinée permet-il de rattraper le manque de sommeil ?

 

Arnaud Rabat : Dormir plus le week-end ne suffit pas pour récupérer ses capacités! Nos sujets même après deux nuits de huit heures, voire trois, présentent des capacités attentionnelles exécutives altérées. Une dégradation cognitive lente semble s'installer. Seule bonne contre-mesure : dormir régulièrement et tenir compte de ses besoins quantitatifs de sommeil.

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