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Santé //

Le stress à une certaine période du cycle menstruel affecte davantage la santé mentale

6 mars 2014

À un stade particulier du cycle menstruel, les femmes peuvent être plus vulnérables à certains effets psychologiques du stress, selon une étude britannique publiée dans la revue Neurobiology of Learning and Memory. Sunjeev Kamboj de l'Université College London et ses collègues ont mené cette étude avec 41 femmes âgées entre 18 et 35 ans ayant des cycles menstruels réguliers et n'utilisant pas la pilule contraceptive.

 

Elles regardaient un film stressant de 14 minutes dans lequel survenaient mort et blessures et elles fournissaient un échantillon de salive à partir duquel était mesuré les niveaux d'hormones. Elles étaient ensuite invitées à noter les survenues de pensées indésirables sur la vidéo au cours des jours suivants. Les femmes qui étaient au début de la phase lutéale (environ 16 à 20 jours après le début des règles, soit dans les jours suivant l'ovulation) avaient trois fois plus de pensées intrusives que celles qui ont regardé la vidéo durant d'autres phases du cycle.

"Ce qui indique qu'il y a effectivement une fenêtre assez étroite dans le cycle menstruel où les femmes peuvent être particulièrement vulnérables à éprouver des symptômes de détresse après un événement stressant", souligne la chercheuse. Les femmes qui subissent des traumatismes dans cette période peuvent être à plus grand risque de développer des symptômes récurrents similaires à ceux présents dans la dépression et le stress post-traumatique, souligne la chercheuse.

 

De prochaines études devraient vérifier si cette hypothèse est confirmée avec des femmes ayant subi des traumatismes et si la pilule contraceptive affecte ce processus.

Dormir plus le week-end ne suffit pas pour récupérer ses capacités : 5 questions à Arnaud Rabat, chef de projet dans l'unité "fatigue et vigilance", Institut de recherche biomédicale des armées

18 février 2014

Sciences et Avenir a rencontré Arnaud Rabat, chercheur à Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA).

 

Sciences et Avenir : Quelle est la différence entre manquer de sommeil de façon chronique et passer une nuit blanche ?

 

Arnaud Rabat : Aucune! Une réduction chronique, même modérée, du temps de sommeil peut avoir des conséquences comportementales importantes. Nous avons mené une étude sur 12 hommes de 20 à 37 ans qui n'ont dormi que quatre heures par nuit durant sept jours, puis ont été soumis à des tests cognitifs. Au 7e jour, ils avaient le même niveau de défaillance attentionnelle qu'après une nuit sans dormir! Si l'on ne dort que six heures par nuit, cet état est atteint au bout de deux semaines.

 

Sciences et Avenir : Toutes les fonctions cognitives sont-elles altérées ?

 

Arnaud Rabat : Le manque de sommeil ne semble modifier le métabolisme que de certaines zones spécifiques du cerveau (cortex préfrontal notamment), et donc n'altérer que certaines fonctions cognitives. Les fonctions exécutives qui permettent l'adaptation à des situations nouvelles (inhibition motrice, mémoire de travail, flexibilité) semblent très altérées par le manque de sommeil. Les capacités plus automatisées semblent moins affectées.

 

Sciences et Avenir : Est-on plus fatigué le soir ou le matin ?

 

Arnaud Rabat : Les individus en dette chronique de sommeil semblent plus défaillants le matin (vers 9h) que le soir. Vers 19h, une sorte de "second souffle", peut-être dû à l'horloge biologique, favorise la lutte contre le besoin de sommeil.

 

Sciences et Avenir : Certains résistent-ils mieux que d'autres ?

 

Arnaud Rabat : Les individus de plus de 30 ans semblent mieux résister à une dette chronique de sommeil. Les plus jeunes, au cortex préfrontal moins mature, sont plus défaillants. De plus, les individus experts dans leur domaine - les pilotes de chasse par exemple - seraient mieux protégés, car ils pilotent en mode "automatique" en quelque sorte.

 

Sciences et Avenir : Faire une grasse matinée permet-il de rattraper le manque de sommeil ?

 

Arnaud Rabat : Dormir plus le week-end ne suffit pas pour récupérer ses capacités! Nos sujets même après deux nuits de huit heures, voire trois, présentent des capacités attentionnelles exécutives altérées. Une dégradation cognitive lente semble s'installer. Seule bonne contre-mesure : dormir régulièrement et tenir compte de ses besoins quantitatifs de sommeil.

Le neurofeedback prometteur pour le traitement de troubles neurologiques et neuropsychiatriques

28 janvier 2014

Une nouvelle technologie d’imagerie cérébrale, la magnétoencéphalographie (MEG), permet d’observer l’activité de son cerveau en temps réel afin de contrôler ou d'adapter les fonctions dans des régions spécifiques (ce qui est appelé rétroaction neurologique ou neurofeedback), montre une étude publiée dans la revue NeuroImage. Ce qui représente un potentiel thérapeutique pour de nombreuses atteintes neurologiques et neuropsychiatriques.

 

La magnétoencéphalographie est une technologie d’imagerie non effractive (non invasive) qui mesure les minuscules champs magnétiques générés par les circuits nerveux du cerveau avec une précision de l’ordre de la milliseconde.

Le rétroaction neurologique consiste à visualiser de l’information physiologique représentant l'activité de régions spécifiques du cerveau dont on n’a pas conscience, au moment où cette activité se produit, et d’utiliser cette information pour s’exercer à l’autorégulation.

Par exemple, la rétroaction neurologique pourrait aider les épileptiques à s’exercer à modifier l’activité de leur cerveau afin d’éviter une crise.

 

Sylvain Baillet et ses collègues de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, affilié à l’Université McGill, ont mené une étude de validation de concept avec des participants qui ont eu 9 séances de MEG. Ils devaient regarder un disque de couleur sur un écran et trouver leur propre stratégie pour faire passer la couleur du disque de rouge à blanc-jaune et maintenir cette couleur le plus longtemps possible.

La couleur présentée correspondait à l’activité dans des régions prédéfinies du cortex moteur du cerveau. Elle changeait selon une combinaison prédéfinie d’activité lente et plus rapide dans ces régions. Pour les besoins de l’étude, les chercheurs ont combiné des données de MEG et d’IRM.

 

"Ce qui est remarquable est qu’à chaque séance de formation, les participants arrivaient à atteindre l’objectif de plus en plus vite, même si nous augmentions la difficulté à chaque séance, à la manière dont on hausse la barre dans une compétition de saut en hauteur. Ces résultats montrent que les participants ont réussi à se servir de la rétroaction neurologique pour modifier le déroulement de l’activité de leur cerveau selon un objectif défini d’avance dans des régions précises de leur cortex moteur, sans qu’aucune partie du corps fasse de mouvement", rapporte le chercheur.

 

Ces résultats ouvrent la voie à la MEG comme approche thérapeutique. "À ce jour, les travaux menés avec des épileptiques sont les plus prometteurs, mais le recours à la MEG offre un grand potentiel dans le cas d’autres syndromes neurologiques et troubles neuropsychiatriques (p. ex. AVC, démence, troubles du mouvement, dépression chronique, etc.). La MEG pourrait révéler la dynamique des activités du cerveau intervenant dans la perception, la cognition et le comportement : elle permet déjà de mieux comprendre les fonctions cérébrales (langage, contrôle de la motricité, perception visuelle et auditive, etc.) et les dysfonctions cérébrales (troubles du mouvement, acouphène, douleur chronique, démence, etc.)."

 

"En collaboration avec la Pre Isabelle Perez de l’Université de Montréal, le Pr Baillet et son équipe utilisent cette technique avec des personnes atteintes d’amusie, un trouble qui les empêche de reconnaître la hauteur tonale en musique. L’hypothèse est que l’amusie résulte d’une mauvaise connectivité entre le cortex auditif et les régions préfrontales du cerveau. L’équipe de recherche mesure l’intensité de la connectivité fonctionnelle entre ces régions du cerveau chez des personnes amusiques et des sujets-témoins. En utilisant la rétroaction neurologique par MEG, l’équipe espère tirer parti de la plasticité du cerveau pour renforcer la connectivité fonctionnelle entre les régions cibles du cerveau. En cas d’amélioration de la discrimination de la hauteur tonale chez les participants, cela confirmera les applications cliniques et réhabilitantes de l’approche."

26 novembre 2013

Les applications de type «wiki» sont de plus en plus populaires en sciences de la santé, mais le manque de fiabilité des contenus demeure leur point faible.

 

C'est un des principaux constats qui se dégagent d'une étude synthèse supervisée par le docteur Patrick Archambault, professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval, et publiée dans la plus récente édition du Journal of Medical Internet Research.

 

Les wikis sont des applications web qui permettent à un groupe d'usagers de créer et de modifier des contenus afin de partager leurs connaissances, ou encore d'obtenir de l'information sur un sujet donné. Le plus connu est Wikipédia, qui se classe au sixième rang mondial dans la liste des sites web les plus consultés.

 

Le docteur Archambault et ses collègues ont passé en revue 111 études consacrées à des wikis portant sur la santé. Les études révisées indiquent que plus de 50 pour cent des médecins et des étudiants en sciences de la santé ont recours aux wikis. Les plus grands utilisateurs sont les jeunes étudiants universitaires, qui s'y réfèrent dans une proportion de 81 pour cent. Une majorité de professionnels de la santé (55 pour cent) consulte également ces outils.

 

Par contre, rares sont ceux qui créent ou modifient le contenu de pages wikis. Cette participation ne dépasse pas 18 pour cent chez les jeunes étudiants et elle est de moins de 1 pour cent chez les chercheurs.

Les 25 études recensées portant sur la qualité de l'information — dont 24 ciblaient Wikipédia — rendent quant à elles un verdict plutôt sévère: 44 pour cent concluent que les informations sur la santé véhiculées par les wikis sont partiellement fiables et doivent être améliorées, alors que 28 pour cent jugent que leur contenu n'est pas fiable et ne doit pas être utilisé.

 

Malgré ces faiblesses, le docteur Archambault croit fermement au potentiel des wikis en santé.

«Il faudra trouver des incitatifs pour encourager les professionnels de la santé à partager leur expertise ainsi que des façons d'intégrer ce partage de connaissances à leur travail quotidien sans les surcharger, a-t-il dit. Si nous y arrivons, nous pourrions voir un changement radical dans la production et l'application des connaissances en santé, pour le plus grand bien de nos patients.»

 

Un groupe d'experts médicaux s'est d'ailleurs attelé à cette tâche en créant le WikiProject Medicine. Ce groupe vient de conclure une entente avec la Collaboration Cochrane, une organisation internationale réputée pour la fiabilité de ses données scientifiques dans le domaine de la santé, afin d'augmenter le nombre de résumés vulgarisés dans Wikipédia. Il existe aussi un partenariat entre Wikipédia et la PubMed Health des National Institutes of Health des États-Unis pour accroître la diffusion de connaissances scientifiques fiables et issues de revues systématiques rigoureuses dans les pages de l'encyclopédie en ligne.

25 novembre 2013

Les patients risquent de devenir de plus en plus des cobayes qui testent les nouveaux médicaments sans le savoir avec un nouveau règlement européen en cours d'adoption et le renouement du gouvernement français "avec une gouvernance du secteur de la santé pilotée par les industriels de la santé", dénonce le Collectif Europe et Médicament dont la revue Prescrire est membre.

Alors que "ces dernières années, de plus en plus d'autorisations de mise sur le marché (AMM) sont accordées prématurément à des médicaments dont l'efficacité et les effets indésirables n'ont pas été assez étudiés (exemples du rofécoxib (Vioxx°), de la rosiglitazone (Avandia°), etc.)", le phénomène risque de s'amplifier.

 

La "simplification de la mise en œuvre des essais cliniques" proposée par le nouveau Règlement européen de la Commission européenne sur les essais cliniques" (dont le vote en session plénière du Parlement est prévu pour mi-novembre 2013) représente des dangers pour les patients, met en garde le Collectif.

La "simplification" consiste en pratique à :

  • retirer aux États membres leur souveraineté quant à l'appréciation de l'acceptabilité d'un essai clinique ;

  • supprimer toute référence aux comités d'éthique et accepter le principe d'une autorisation tacite en cas de dépassement de délais d'examen des demandes extrêmement courts ;

  • créer nouvelle catégorie d'essais cliniques post-AMM (de médicaments déjà sur le marché) appelée « essais cliniques à faible risque » : ces essais dispenseraient les promoteurs d'indemniser les participants en cas de dommages. (Ce sont précisément des essais qui auraient pu être considérés dans cette catégorie qui ont révélé les risques du Vioxx et du Mediator)

"La Commission européenne cautionne en réalité un nivellement par le bas de l'évaluation clinique pré-AMM, exposant l'ensemble de la population aux effets indésirables de nouveaux médicaments trop peu évalués."

De son côté, le gouvernement français, indique le communiqué, propose aussi aux industriels une simplification des essais cliniques. Il "a renoué" début juillet, dit le communiqué, "avec une gouvernance du secteur de la santé pilotée par les industriels (...) dans le cadre du Conseil stratégique des industries de santé(Csis) et du Comité stratégique de filière".

"Le gouvernement semble cautionner les velléités d'ingérence des firmes dans le processus d'évaluation des autorités sanitaires, oubliant les leçons du désastre Mediator°", estime le Collectif.

Après les insuffisances du décret sur la transparence en santé (dit décret "sunshine"), après la tenue de ce Conseil stratégique "débouchant sur des propositions prises sous la dictées des industriels sans débat contradictoire avec les autres acteurs", le Collectif appelle "le gouvernement français à promouvoir une politique de santé d'abord au service de la santé publique".

9 octobre 2013

De nouveaux dosages de cannabis arrivent sur le marché, entendait-on ce matin aux informations. Trois fois plus concentrés, et beaucoup plus ravageurs, avec un risque de « psychose cannabique ».

 

Qu’est-ce que la psychose induite par le cannabis ? Il s’agit ni plus ni moins d’un terme technique pour décrire l’apparition de schizophrénie. L’association entre consommation de cannabis et risque de schizophrénie n’est pas nouvelle (la drogue y jouerait un rôle de déclencheur sur un terrain vulnérable), mais évidemment les concentrations auxquelles la drogue est utilisée jouent un rôle : plus elles sont élevées, plus le risque augmente.

 

Comment le cannabis peut-il rendre schizophrène ?

Le délire schizophrénique a été associé, au niveau cérébral, à une activation forte d’une zone du cerveau nommée striatum, qui nous fait percevoir (entre autres) certains éléments de notre environnement comme plus importants ou singuliers que les autres. Si cette zone cérébrale est perturbée, on peut attribuer un sens à ce qui n’en a pas, ou avoir l’impression que certains éléments banaux de notre environnement sont extrêmement importants (d’où les hallucinations, la paranoïa…).

 

Dans une étude notable, des jeunes hommes testés ont vu l’activité de leur striatum augmenter après consommation de cannabis. Parallèlement, ils manifestent des troubles du jugement caractéristiques de troubles de la « saillance » : ils trouvent bizarres ou déformés des signaux affichés sur un écran, et qui sont parfaitement normaux. L’intensité de ces distorsions (et de l’activation du striatum) est corrélée aux symptômes psychotiques évalués d’après questionnaire.

 

La proportion des jeunes de 18 à 25 ans présentant un usage problématique du cannabis (10 fois par mois, avec risque de dépendance) se situerait entre 10 et 20 pour cent, faisant de la France le premier pays européen concerné.

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