Performance & motivation //
Les moins performants dans un domaine ont tendance à surestimer leurs compétences
5 mars 2014
Les personnes les moins performantes dans un domaine surestiment leurs compétences alors que les plus performantes ont tendance à sous-estimer leurs compétences. C'est ce qui a été appelé l'effet Dunning-Kruger, du nom des auteurs de l'étude suivante, publiés dans Journal of Personality and Social Psychology. Les psychologues Justin Kruger et David Dunning soutiennent que l'incompétence amène non seulement une faible performance mais aussi l'incapacité de s'en apercevoir. Cette perception erronée est liée à un manque de connaissances, dites métacognitives, qui permettent d'identifier les erreurs.
À travers 4 expériences, les auteurs ont constaté que les participants qui faisaient partie du quart ayant le moins bien performer dans des tests d'humour, de pensée logique et de grammaire sur-estimaient grandement leurs capacités. Alors que leurs résultats les situaient au 12e percentile (en moyenne), ils estimaient se situer au 62e (donc au-dessus de la moyenne). Les personnes les plus compétentes avaient, quant à elles, tendance à sous-estimer un peu leur rang dans le groupe.
Dans l'une de ces expériences, améliorer les capacités des participants, et du même coup leurs capacités de distinguer les bonnes et mauvaises performances, les aidait à mieux reconnaître les limitations de leurs habiletés. Une question soulevée est celle-ci: comment les personnes incompétentes dans un domaine ne réussissent-elles pas, à travers les expériences de la vie, à apprendre qu'elles ne sont pas habiles? Une première raison, expliquent les auteurs, est que les gens reçoivent rarement du feedback négatif au sujet de leurs habiletés et capacités dans la vie de tous les jours, comme plusieurs études l'ont démontré. Même les jeunes enfants, illustrent-ils, savent que "si vous n'avez rien de gentil à dire, ne dites rien du tout".
Une deuxième raison est que dans certaines tâches et situations, il n'y a pas de feedback permettant de se corriger et révélant la nature peu optimale des décisions. Une troisième raison est que, même si les gens reçoivent du feedback négatif, ils doivent arriver à une compréhension précise de la raison de l'échec. Il est plus difficile de comprendre les raisons d'un échec que celles d'un succès. Pour qu'un succès se produise, plusieurs composantes doivent bien fonctionner: la personne doit être habile, faire l'effort et peut-être être un peu chanceuse. Pour qu'un échec se produise, le manque de n'importe laquelle de ses composantes est suffisant. Pour cette raison, même si les gens reçoivent du feedback indiquant leur manque d'habileté, ils peuvent expliquer ce feedback par d'autres facteurs comme plusieurs études l'ont démontré.
Le neurofeedback permet d'entraîner des habiletés mentales
28 janvier 2014
Le neurofeedback (ou biofeedback EEG) permet d'entraîner des habiletés mentales et de modifier l'activité de certains circuits cérébraux, montre une étude publiée dans la revue NeuroImage. Il représente, soulignent les chercheurs, une nouvelle méthode prometteuse pour restaurer les fonctions cérébrales dans certains troubles mentaux.
Tomas Ros, Ruth Lanius et Jean Théberge de l'Université Western (Ontario) et du Lawson Health Research Institute ont montré qu'une session de 30 minutes de neurofeedback produisait des changements fonctionnels dans un circuit cérébral impliqué dans le contrôle cognitif.
Des études ont montré que des dysfonctions dans ce circuit sont impliquées dans plusieurs troubles cérébraux tels que le déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), la schizophrénie, la dépression et le stress post-traumatique.
Lors d'une séance de neurofeedback, l'utilisateur apprend à contrôler son activité cérébrale à l'aide d'une interface cerveau-ordinateur. L'ordinateur enregistre les ondes cérébrales provenant de capteurs placés sur le cuir chevelu (électroencéphalogramme, EEG), il traite cette information et représente simultanément, d'instant en instant, l'activité cérébrale de l'utilisateur au cours d'un entraînement d'habiletés sur ordinateur.
Ce feedback (rétroaction) en temps réel permet à l'utilisateur de reproduire des états distincts du cerveau. Les effets étaient observables, par IRM (images par résonance magnétique), 30 minutes après une session.
Les changements constatés dans l'activité d'un circuit cognitif important correspondaient aux changements d'activité électrique entraînés par le neurofeedback. Cette activité était étroitement liée à une réduction du vagabondage de l'esprit durant une tâche nécessitant de l'attention. De tels liens n'étaient pas observés dans un groupe de comparaison qui recevait un faux feedback.
L'attention et la concentration peuvent ainsi être entraînées au moyen du neurofeedback qui a un effet direct sur l'activité d'un important circuit cognitif de contrôle, concluent les chercheurs.
Ils espèrent que ces observations stimuleront la recherche pour l'utilisation de la méthode pour le traitements de troubles cérébraux, particulièrement les troubles cognitifs. L'équipe mène actuellement une étude vérifiant si les personnes atteintes de stress post-traumatique pourraient bénéficier de cette approche.
Trois besoins psychologiques à la base de la motivation, du bien-être et de la performance
30 décembre 2013
Trois besoins psychologiques, présumés innés (plutôt qu'appris) et universels, sont à la base de la motivation et de l'intégration de la personnalité, selon la théorie de l'autodétermination.
Cette théorie, dont l'origine remonte aux années 1970 et qui a connu un fort développement en psychologie sociale dans les années 2000, est centrée sur la croyance que la nature humaine présente des caractéristiques positives persistantes (ex. efforts, engagement...) appelées tendances inhérentes à la croissance ainsi que des besoins psychologiques fondamentaux dont la satisfaction est nécessaire au bien-être, au développement et au fonctionnement sain et optimal:
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AutonomieBesoin de se sentir à l'origine ou à la source de ses actions.
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CompétenceBesoin de se sentir efficace et capable d'effectuer des tâches de différents niveaux de difficulté.
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Appartenance socialeBesoin de se sentir connecté et supporté par d'autres personnes.
Les conditions qui soutiennent l'expérience d'autonomie, de compétence et d'appartenance favorisent les meilleures formes de motivation et d'engagement dans des activités, ce qui conduit à de meilleures performance, une plus grande persévérance et plus de créativité.
À l'inverse, si un de ces trois besoins n'est pas comblé dans un contexte donné, la santé psychologique en souffre et la croissance personnelle est entravée.
Le sentiment d'être contrôlé de l'extérieur ou d'être inefficace compromet la motivation intrinsèque et amène à être contrôlé par des critères externes tels que le chèque de paye ou l'approbation d'un supérieur.
Par ailleurs, un développement personnel est favorisé par l'intégration et l'internalisation d'idées et de comportements qui étaient à l'origine motivés par des forces extérieures, ou par l'acceptation et la valorisation de comportements initialement accomplis pour des raisons externes. Mais, selon la théorie de l'autodétermination, cela ne peut se produire que si les trois besoins de base sont rencontrés.
2003
Chaque séance vise l’entraînement de la concentration et de la capacité de relaxation de l’athlète. L’entraînement des ondes alpha enseigne à l’athlète une façon de mieux se relaxer et permet au cerveau de refaire le plein d’énergie. Il a été démontré qu’une augmentation du niveau d’ondes alpha de 10% se traduit en une amélioration de performance.
Ce type d’entraînement est spécialement bénéfique pour les athlètes d'élites qui s’entraînent de longues heures ou qui ont plusieurs compétitions à leur calendrier.
Cela enseigne à l’athlète comment maintenir un niveau de concentration soutenu, comment gérer les distractions, contrôler ses émotions et gérer les pensées négatives.
La durée du programme d’entraînement est toujours déterminée en fonction de la courbe de progression de l’athlète.
24 août 2013
Certains types de jeux vidéo peuvent entraîner le cerveau à devenir plus agile et améliorer la réflexion stratégique, selon une étude publiée dans la revue PLOS One.
Brian Glass et Brad Love ont, avec leurs collègues des universités Queen Mary of London et College London, mené cette étude avec 72 femmes, les chercheurs n'ayant pas été en mesure de recruter un nombre suffisant d'hommes qui jouaient moins de 2 heures par semaines à des jeux vidéo.
Une partie du groupe a été entraînée à jouer à différentes versions du jeu de stratégie en temps réel StarCraft, un jeu à rythme rapide où les joueurs doivent construire et organiser des armées pour combattre un ennemi. Une autre jouait aux Sims, un jeu de simulation de vie qui ne nécessite pas beaucoup de mémoire ou de tactiques.
Les participantes ont joué pendant 40 heures sur une période de 6 à 8 semaines et ont été soumises à une série de tests psychologiques avant et après qui mesuraient la flexibilité cognitive, décrite comme étant la capacité à s'adapter et à passer d'une tâche à l'autre, ou encore à réfléchir à de multiples possibilités à un moment donné pour résoudre les problèmes.
Les participantes qui ont joué à StarCraft étaient plus rapides et plus précises dans des tâches de flexibilité cognitive que celles ayant joué aux Sims.
"Des recherches précédentes ont montré que les jeux vidéo d'action, tels que Halo, peuvent améliorer la capacité de prise de décision rapide, mais la présente étude montre que les jeux de stratégie en temps réel peuvent promouvoir la capacité à penser en cours d'action et à apprendre des erreurs du passé. Notre étude montre que la flexibilité cognitive, une pierre angulaire de l'intelligence humaine, n'est pas un trait statique, mais peut être entraînée et améliorée en utilisant des outils d'apprentissage ludiques comme les jeux."
"La flexibilité cognitive varie selon les personnes et l'âge. Par exemple, un personnage fictif comme Sherlock Holmes a la capacité de s'engager simultanément dans plusieurs aspects de la pensée et de changer ses processus mentaux en réponse à l'évolution des objectifs et des conditions environnementales."
La résolution de problème créative et la "sortie des sentiers battus" nécessitent une flexibilité cognitive. Peut-être que, contrairement à la nature répétitive du travail dans les siècles passés, l'économie de la connaissance moderne met-elle l'accent sur la flexibilité cognitive", commentent les chercheurs.
"Les participantes qui ont joué à la version la plus complexe du jeu avaient une meilleure performance aux tests psychologiques. Nous devons maintenant comprendre qu'est-ce exactement dans ces jeux qui amène ces changements, et si ces améliorations sont permanentes ou si elles diminuent au fil du temps. Une fois que nous aurons cette compréhension, il pourrait devenir possible de développer des interventions cliniques pour des symptômes liés au trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) ou à des lésions cérébrales traumatiques, par exemples", disent les chercheurs.
8 facettes du perfectionnisme
18 décembre 2013
Le perfectionnisme a reçu plusieurs définitions en psychologie. Il a d'abord été étudié, dans un contexte de recherche en santé mentale, comme étant un trait unidimensionnel, négatif et dommageable.
Il a ensuite été conçu comme comportant plusieurs dimensions (facettes) distinctes, ce qui permet de mieux refléter le fait qu'une personne puisse être perfectionniste de certaines façons sans l'être toujours. Plusieurs modèles ont proposé différentes dimensions.
Alors que pour certains auteurs le terme désigne par définition une tendance excessive (à distinguer d'une saine tendance à être consciencieux ou à avoir de l'ambition), pour d'autres, il prend un sens plus large et peut être adaptatif ou inadapté.
Voici un modèle, présenté par le psychologue américain Robert Hill et ses collègues dans le Journal of Personality Assessment (2004), visant à synthétiser et compléter les modèles les plus utilisés en recherche.
Ces chercheurs identifient 8 facettes distinctes au perfectionnisme :
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La crainte de faire des erreurs : tendance à ressentir une anxiété ou une détresse liées au aux erreurs;
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Des normes élevées pour les autres : tendance à s'attendre que les autres agissent selon ses propres idéaux perfectionnistes;
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Le besoin d'approbation : tendance à rechercher une validation de la part des autres et à être sensible aux critiques;
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L'organisation : tendance à l'ordre et à la propreté;
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La pression parentale : tendance à sentir le besoin de performer parfaitement pour obtenir l'approbation parentale;
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La tendance à planifier : tendance à planifier d'avance et à réfléchir beaucoup pour prendre des décisions;
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La rumination : tendance à s'inquiéter de façon obsessionnelle de ses erreurs passées, de ses performances moins que parfaites et d'erreurs futures;
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La recherche d'excellence : tendance à avoir des normes élevées et à rechercher des résultats parfaits.
L'analyse des résultats individuels à un test mesurant ces 8 dimensions, montre une tendance à retrouver certains regroupements chez une même personne. Deux grands types se dégagent :
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Un perfectionnisme caractérisé surtout par une tendance à être consciencieux: les personnes qui présentent ce type obtiennent des scores plus élevés pour les facettes organisation, planification, recherche de l'excellence et normes élevées pour les autres.
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Un perfectionnisme caractérisé par la tendance à s'évaluer et à être critique envers soi-même : les personnes qui présentent ce type obtiennent des scores plus élevés pour les facettes crainte de faire des erreurs, besoin d'approbation, rumination et pression parentale.